mercredi 6 septembre 2006

Tina Celona / Cadavre pop

Pour Stéphanie



Quand je serai plus vieille, je n’écrirai qu’une fois par semaine. Le reste du temps je cicatriserai et je boirai des cocktails et lirai et parlerai aux gens. On dirait que cette méthode marche pour moi et passé un temps je commence même à péter des poèmes. Le Corcoran me demande de ne pas faire une exposition de poèmes associés à des photographies infrarouge de pets. Je passe des jours à régler des poèmes sur les pets exacts, quand j’ai fini j’ai juste assez de temps pour rouler vers la Floride et voir mon grand-oncle, ma cousine séparée, et ses deux bébés.


Un garçon peut être ton petit ami sans être en fait ton petit ami. Sur le chemin tu t’arrêtes pour flâner dans Glen Echo Park. Les anciens cris de plaisir résonnent et re-résonnent. Des années après je me revois te tenant la main. Ma mémoire n’est pas fiable.


Notice favorable dans un autre journal. Comme nous nous échappions du feu l’homme me demanda si je souffrais d’hyperthyroïdie. Offensée, je lui certifiai que ma thyroïde était normale.


Je me rends compte que j’ai été autant contenue dans ma poésie que j’ai été bête dans la vie réelle. Quand mon écriture va bien je l’attribue à Dieu. Quand je t’ai embrassé dans la voiture je me le suis reproché. Nous étions dans l’église pendant des heures à discuter de nos cathédrales préférées. Il y a toujours quelque chose dont je me souvienne sans l’avoir cherché.


Tu es mon meilleur ami secret. Je suis une pompiste. Quand quelqu’un me donne un pourboire c’est comme si j’avais fait quelque chose de formidable. Je me sens merveilleusement bien à la pompe à essence.



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Publié dans Octopus Magazine no 7 (Hiver 2006)
Copyright Tina Celona et Octopus magazine.