vendredi 13 juin 2008

Andreas Münzner / Deux poèmes




Traduits de l'allemand par Samuel Rochery avec l'auteur, à Marseille, 2008.



Cocon sonore

Avant les premiers trafics du matin
un cygne
qui voyage à travers le ciel
aspire des étoiles dans
la cour
à un siècle de distance
un concert de flûtes
jamais donné
dans le mur pas
de toux
le carrefour en bas
désert : mais où sont passés
les humains ?



Maison de l'ange

Remarque : les anges arrivent toujours
de biais et
ne font ni une ni deux
c'est toujours par la jambe
qu'ils te chopent
mais la chute est douce
et pleine d'imprévus
En vrai il n'y a pas d'anges
mais si on a du temps tricoté de grosse laine
et les mains pas lavées
on peut les appâter
(policiers indésirables)
Une fois installés
même après des orages
tropicaux
leur sens magnétique retrouve
toujours la maison
Surtout ne pas prononcer
d'impératifs
et quand le son clair retentit
on demande un petit bol de silence :
la danse peut commencer
les jambes en l'air


Extraits de Die Ordnung des Schnees, Zu Kamplen, 2005.