jeudi 13 novembre 2008

Michael Rothenberg / 10 Août 2002




Tout peut casser, tout peut se réparer.
Détends-toi seulement, je me dis, à m'inquiéter
de nouvelles fissures dans les choses, des cendres d'encens qui tombent sur la moquette.
La première chose que j'ai remarquée c'était une photo
qui était censée être là mais qui n'était pas là.
Trafic temporel et spatial.

Nous prenons des hot dogs.

Lire la lettre de Philip à Joanne,
« Stinson Beach, Californie,
Mardi 19/09/68 dans le milieu de l'après-midi ».
Peut-être que je lirai ça au Memorial Reading
Et puis un bout de mon travail.
Demander à Mick de réserver « Les imaginations de Taj Majal »,
« Notice approfondie », et « Le tournant » pour moi.

Je suis en train de me demander si j'ai raconté l'histoire de quelque chose
qui s'est déjà passée, ou si je devrais la raconter tout de suite
avant que je ne l'oublie. Sale migraine toute la journée
qui dure depuis trois jours maintenant, mauvais sommeil. Pire que pas de sommeil.
Très nerveux à propos de je ne sais quoi, peut-être l'anticipation
de mon retour en Californie, rendre visite aux vieux amis,
voir les vivants qui se rappellent de Philip.
Boutiquer des trucs, réparations, maintenance.

Besoin de me mêler à des gens.
Nouvelle routine avec Cosmos pas loin.
Me sens mal parce qu'il doit s'ennuyer ou se sentir abandonné.
S'il avait pu faire comme il voulait il serait dans la pièce avec moi
à regarder la télé, jouer sur mon ordinateur,
manger des chips aux oignons, boire du punch.
Il est juste entré pour me dire : « Dis-moi quand tu es cuit,
on pourra regarder un film.»

Je n'arriverai jamais à faire de la poésie noir sur blanc.
Qu'est-ce que je fais en ce moment ?
Je meurs d'envie de manger une barre de chocolat. Ça m'obsède, alors que la journée se termine.




Copyright : Michael Rothenberg & Shampoo Magazine, 2008