mercredi 6 octobre 2010

Geoff Bouvier / Deux poèmes extraits de Living Room


Sur les fragments, pt 4.


Les histoires les plus limpides, tirées d’inévitables conclusions ainsi que de cloches, éclairent un moment présent jusqu’à sa fin tranquille. Quand il se réveilla dessoûlé elle était partie. Toute histoire, si elle est justifiée et achevée, commence à la maison – à la fin -  et ensuite revient, pour ramener son moment de trouble vers le lieu paisible de la narration. Il but pour la faire partir. Il est des préférences qui orientent mal de tels thèmes méthodiques – les questions d’égoïsme, la confusion, la paresse, et ainsi de suite – mais ils se réduisent à une seule question, celle de la séquence, ou plutôt la question de savoir quelle séquence repose sur les moments narrés à partir de  sa propre fin. Vanille, cigarette, amande sauvage – ses odeurs – puaient le gin. Ces lumières de fin brillent dans l’obscurité par nécessité exemplaire, le manque d’alternatives étant marqué d’« inéluctabilité ». Une impression dans le lit persistait à le retenir. Par exemple : j’ai commencé avant les fins qui collent, je n’y suis pas retourné tout le temps, je n’ai pas volé directement à travers les futurs en ordre réversible, ou pas les bons futurs, ou pas les décisifs.
 
De l’ordre dans la maison

Tu voulais construire une maison ? Je voulais construire une maison. Nous
n’aurions pas dû construire une maison. Nous avons construit une maison.
         Nous n’aurions pas dû aller dans la maison. Si tu entrais dedans,
tu repartais. Si j’entrais dedans, je repartais. C’était notre accord.
         Tu as mis des rêves dans la maison. Il y avait toi dans des habits
d’or et dans des couleurs rosées dans les rêves. Dans la maison aussi. Tu as fait
des changements dans la maison aussi, après que je parte. Tu es partie.
         J’ai fait des changements et j’ai inventé des manières de voir les changements dans la maison.
         Nous avons vécu dans les changements sur des pages différentes. Dans la maison aussi.
Nous nous sommes croisés l’un l’autre allant et venant de la maison.
Nous avons dessiné une ligne avec deux côtés de la ligne.
Si nous nous touchions les mains, c’était trop. Nous nous touchions les mains. Ce
n’était pas assez.
         Nous n’aurions pas dû nous retrouver dans une maison. Nous nous sommes
perdus, nous avons trouvé une maison. Nous avons trouvé une maison, nous avons perdu la maison.

Extraits de Living Room, Copper Canyon Press, 2005

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