mardi 9 novembre 2010

Andrew Kozma / Les traductions du Prince, chapitres III et XI



Des principautés mixtes
 
Le Prince, Chapitre III

Il y a cette illusion de toi que je tiens dans ma main.
Tu as regardé  à l’intérieur de tous les autres livres
et c’est ce poème qui est pour toi. Dis aux autres d’éviter
l’auto-motivation. Il n’y a qu’un seul chemin clair
pour sortir de là, et ça implique un tranquille désespoir
de la bouche et le gentil filet de sons
qui en sortent : viens maintenant, tu es un visiteur,
et ça m’enrage profondément. Si tu n’appartiens pas
à qui tu t’es confiée. Si tu prends
une position et que tu la pratiques pendant des heures. Des jours. Cette année
c’est l’année de la marmotte à la vision parfaite.
La place du président prise, je suis devenu
quelque chose de pire, quelque chose de pourpre, et les co-
conspirateurs m’adoptent avec des sourires, convaincus
que les rênes sont souples et aussi bonnes qu’une prison.





Des principautés ecclésiastiques

Le Prince,
Chapitre XI




Alors quoi ? Tu as un bœuf,

j’ai fait la vache. Il n’y a pas de viande

que tu manges que je n’aie mâchée et mâchée
en une douzaine de nouvelles substances. Tu penses

que ton corps est un mannequin que je fais poser, mais le paradis
est une maison de liquides et tu es la pointe acérée

de l’entonnoir.  Sûr, tu es la sangle
de l’âme, purement fonctionnelle,

qui s’enlève facilement. Mais c’est le coucher de soleil
et tu es sur ton vélo, à pédaler

le plus vite que tu peux en direction du soleil, en détournant
soigneusement tes yeux du soleil.

C’est beau là-bas, là où l’obscurité se découpe
un corps. Et quand tu tombes

un autre prend ta place. Oui, je suis une pute
pour une silhouette, mais tu essaies de te faire

une raison avec des lapins autour. Je suis ton Mickey
et tu te réveilleras avec ta seule gueule de bois

tes mains vides. Ne te blâme pas.
Personne ne s’empare de l’ineffable. Mets tes mains autour

et sens-toi tomber encore
à travers tes doigts, tes dents, ta gorge.

Ta peau a toujours été  un tamis. Qui te tient
groupée ? Qui c’est que tu vas croire ?







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Deux poèmes extraits de The Prince Translations, livre inédit en américain, traduits en français à partir du manuscrit de l'auteur. (Les chapitres VIII et XXIII du même livre, parus dans la revue Diagram, sont lisibles dans une traduction française ici.)





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