jeudi 17 février 2011

Michael Dickman / Nous ne nous sommes pas fabriqués nous-mêmes


Nous ne nous sommes pas fabriqués nous-mêmes c’est une chose
que je continue de chanter dans mes mains
tandis que je tombe
de sommeil

juste pour une seconde

Avant que je ne doive me réveiller et allumer toutes les lumières dans la maison, l’une
après l’autre, comme quand on ouvre
un calendrier de l’Avent

mon cerveau qui ouvre
les miracles chimiques dans mon cerveau
quand j’allume

je peux entendre

les chiens aboyer
quelques arbres
dernières étoiles

tu crois que tu vas me manquer
ce ne sera pas long
je te promets

*

Je ne suis pas mort
mais je me tiens bien tranquille
dans l’arrière-cour
fixant l’érable
trente ans en arrière
un petit gamin qui attend par terre
seul au paradis
au monde
en baskets blanches

Je passe du bon temps à bourdonner parmi tout ce dont
      je me rappelle encore ici

Comment nous sommes nés

faits pour regarder tout ce que nous n’avons pas fabriqué

Nous n’avons pas
fabriqué l’herbe, les moustiques
ou le cancer du sein

Nous n’avons pas fabriqué les vestes jaunes

ou la lumière du soleil

non plus

*

Je n’ai pas fabriqué mon cerveau
mais je donne un coup de main
pour le terminer

A empiler parcimonieusement tout ce que j’ai fait à côté de tout ce que j’ai détruit à bord
       lumière du jour en étincelante
       lumière de cerveau

Ce matin j’ai tué une mouche
et ne me suis pas étendu par terre 
à côté du corps
comme on est supposé le faire

On est supposé le faire

Bientôt je vais me réveiller

Chiens
Arbres
Etoiles

Il n’y a que ce monde et ce monde

Que de relief
créé

Je ne sais combien de fois





Extrait de The End of the West, Copper Canyon Press, 2009.






 

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