samedi 23 avril 2011

Matthew Dickman / Mon chapeau la nuit



La nuit mon chapeau disparaît.
Et ensuite mon manteau, mon écharpe, mes gants, ma montre avec le temps à l’intérieur
et sa marche en avant, pleine de bravoure. J’aimerais avoir un chien à promener.
J’aimerais avoir un animal à nourrir et à débarbouiller après. Quelque chose
pour faire du bruit quand je rentre à la maison, qui voie l’ombre
de mon chapeau et qui remue la queue en guise d’acquiescement.
Le chapeau se reposant tranquillement avec son histoire complexe de principes masculins :
casques et bérets, bonnets de laine, Stetsons. Chapeaux de paille
Texans et Australiens de dix gallons.
Est-ce que mon grand-père en portait un les nuits où il sortait ma grand-mère
dans les bars clandestins de blancs en-dehors de Chinatown ?
Et mon frère ? Qu’est-ce qu’il porte pendant que la neige à Detroit tombe
sur toutes les nouvelles voitures ? Une fois mon père a porté un abat-jour.
La santé de la fête autour de 1975.
J’ai porté un chapeau de cow-boy jusqu’à ce que ma tête grandisse, ensuite je l’ai troqué contre
un casque de pompier en plastique rouge. J’ai eu de nouveaux projets. De nouveaux rêves.
Le chapeau qui a disparu cette nuit était un bon chapeau. Quelque chose
que j’aurais pu user dans le jardin, quelque chose
que j’aurais pu user en ville. Mon chapeau ! Le chapeau que j’aime
est retourné à Panama et en Allemagne, au Texas et dans le sud cruel du Dakota. 

Extrait de All-American Poem, Copper Canyon Press, 2008.


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