mardi 8 octobre 2013

Chad Sweeney / Deux poèmes



Le registre du capitaine


Le seul art
est l’art opaque
des surfaces,
du vent qui agite

les marionnettes,
des petits nuages
dans les manches.
Je suis passé te voir plus tôt pour te dire :

un homme soutient l’angle
d’un immeuble
après la fermeture des bars
un nom bien loquace

et il est trois heures du matin
selon le feu
donné vert par le signal.
Pas loin, une patrouille en bateau

passe au noir sous les pylônes
d’un pont. Appelle
Au cas où quelqu’un a besoin de ton aide.




Silence


J’étais en voie de me racheter
entre la onzième et Mariposa.

Lumières pendues aux barrières,
fumée soufflée par les ruines.

J’étais en voie de me racheter
entre le signe et le signifié

entre hé mec et c’est qui
entre le geste et la crise.

Un bus est sorti du viaduc
pour prendre une femme qui avait rêvé.

Aveugle. Boa de papier.
Parapluie noir sous la pluie.

Personne ici pour la remarquer,
sauf un miroir dans le caniveau.

Je suis arrivé en passant par sept humeurs
de la doctrine à l’erreur

entre la station et la station,
en voie de me racheter.

A l’intérieur de la femme
il y avait une ville sonore.

Elle devait la trouver dans le noir.
Elle devait la construire tous les matins.

Je suis arrivé en passant par sept ruelles
de la foi à l’excommunication.

Nous attendions le bus
dans sa pensée construite comme un tunnel.





Paru dans H_NGM_N #8.



2 commentaires:

  1. Très beaux textes. J'aime beaucoup.
    Je vous fait part d'un blog qui est le mien : http://unflacondessence.blogspot.com

    Bonne continuation.

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