vendredi 12 août 2016

Changming Yuan / Poèmes



Changement de nom

Confucius a dit un jour
Si le nom n’est pas bon
Le langage n’aura aucune puissance
Alors mon père a crée mon nom
En réarrangeant le soleil et la lune
Verticalement et horizontalement
Pour l’équiper de toutes
Les forces du yin et du yang
Dispersées dans l’univers

Depuis que je suis devenu le sujet
D’une grammaire totalement différente
Tout le monde se plaint
Ou se moque de mon nom
Trop dur et lourdingue
Ils conspirent afin de me convaincre
D’en adopter un de plus familier
Comme Mickaël dans les paroles influentes

Mais pour préserver les équilibres subtils
Dans ce monde de brutes je me balade
En attachant le rayon de soleil de mon père
Au clair de lune de ma mère
Je refuse catégoriquement de le changer
Même si je me sens parfois perdu
Lorsque les sons que j’entends
Ne résonnent pas du tout comme mon nom



Jour et nuit

Le jour n’a pas d’oreilles
Mais le cœur, une myriade
Les bruits éblouissent
Là où les griefs de la vie commencent

La nuit n’a pas d’yeux
Mais l’esprit, une myriade
Les ombres entrent en collision
Quand ton esprit essaie de mordre la lumière   



Être un papillon : Tchouang Tseu revisité

Ni humain
Se rêvant papillon
Ni papillon
Se rêvant humain
Mais juste une chrysalide
Bien collée
A une feuille jaunâtre
Dans l’esprit humain

Ou peut-être suis-je
L’autre direction tout autour ?



L’invisible

La plupart ignorent ces choses
Comme poussière, roc ou arbres
Qui forment le pronom collectif
Le pronom est tout

Avant que tu n’ouvres les yeux
Tout est là
Et là tu peux distinguer
Le monde entier à l’intérieur d’elles

En dehors de leurs formes
Couleurs, textures,
Statues

Tu construis un jardin ouvert
Pour te fixer sur
Ce bout de nature
Jamais confiné dans l’esprit humain



La souris, la petite souris

Si la petite souris devenait
Aussi grande que le ciel comme elle veut

Le ciel deviendrait
Aussi libre qu’un nuage

Le nuage
Aussi puissant qu’un vent

Et si le vent devenait
Aussi impassible qu’un mur

Le mur deviendrait
Aussi pénétrant qu’une souris

Et la petite souris
Une souris


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Poèmes extraits du blog de l'auteur : http://yuanspoetry.blogspot.fr
D'autres traductions de Changming Yuan ont paru dans le numéro 7 de la revue Watts : http://revuewatts.srwebworks.com/watts7/



 

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