vendredi 11 novembre 2016

Davy Knittle / deux extraits de "Simple machines"



Machines simples

J’ai couru mon premier semi marathon en 2011, à Toronto, une course qui se déroule principalement sur l’autoroute. La course a été terminée, aussi, par un homme qui prétendait avoir 100 ans mais n’avait pas ses actes de naissance sur lui. Il a fait le marathon en entier.  Il a couru pendant huit heures. Parfois, je me dis que, lorsque j’écris des poèmes, je veux réduire ou concentrer ce qui existe, pour encapsuler n’importe quoi d’une manière qui synchronise sa grosseur et sa petitesse. Quand je cours, je suis un mécanisme pour la course. Un moment, je me suis vu me réveiller et devenir une boule de glace, que la course mélangeait au gâteau de la journée. Sophie m’a dit une fois que courir c’était travailler à l’état pur.



Villes modèles

Si l’une des utilités de la poésie est d’imaginer et de construire des villes, alors peut-être que les poètes sont des architectes. Si un poème fait partie d’une ville (une part physique, une part expérimentale, une modalité de la connaissance urbaine), un poème rend compte des problèmes urbains. Le géographe David Harvey considère que le processus qui consiste à imaginer de nouveaux espaces urbains est une utopie, où le radicalisme commence avec l’imagination : « Pouvons-nous parler d’un utopisme du processus plutôt que de la forme spatiale ? Les schémas processuels idéalisés abondent, mais nous y référons rarement comme à des utopies »
J’adore Charizma pour l’utopisme de son processus, et c’est pourquoi je rêve de villes construites par des gens qui aiment à la fois les villes et la construction des villes, ceux pour qui il s’agit tout ensemble de vocation et de plaisir. Quand nous travaillons, Sophie et moi écrivons des poèmes seuls. Quand nous traînons, nous écrivons des poèmes en collaboration, des lignes d’import-export.



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Textes parus sur le site de Poor Claudia






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