jeudi 2 mai 2019

Terrance Hayes / Sonnet américain pour mon assassin passé et à venir



Je te coince dans un sonnet américain moitié prison,
moitié chambre forte, une petite pièce dans une maison qu’on brûle.
Je te coince dans une forme moitié boîte à musique, moitié hachoir
à viande, pour désosser le chant de l’oiseau.
Je coince ton être de façade en une prise enchanteresse de soumission
tandis que tes meilleurs egos regardent depuis les gradins.
Je te transforme en gym & crow tout à la fois. Crow,
tu es le corbeau d’une magnifique catharsis, piégé une nuit
dans les ombres du gymnase. Gym, la sensation de la merde
de corbeau qui dégouline sur tes planches n’est pas différente de celle des étoiles
qui tombent des posters, sur tes murs, pour fédérer la niaque des joueurs.
Je fais de toi une boîte d’obscurité, et j'y place un oiseau au centre.
Voltes d’acoustique, d’instinct et de métaphore. Ce n’est pas assez
pour t’aimer. Ce n’est pas assez pour vouloir que tu sois détruit.

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