Je préfère le marteau au poème
lorsque je tombe sur un cercueil ou un clou.
Mon marteau est tellement utile que je le garde
au fond d’un sac en velours sur un lit de velours
dans une chambre tapissée d’un velours à la Elvis.
Un poème n’est pas un marteau, ni un gyroscope,
ni un sextant, ni un boy scout boutonneux.
Un poème comme celui-ci n’est d’aucune aide quand
tu meurs de faim, a besoin de péter une horloge
ou si quelqu’un entreprend de séduire ta douce.
On ne peut pas s’essuyer avec un poème, ni
poser une abeille sur sa surface lumineuse
ni le faire briller sous une lumière capricieuse et terne.
Les poèmes ne peuvent pas redresser une terre ramollie
(même s’ils peuvent caler une table bancale)
et ils ne peuvent pas allumer le ciel. Ainsi,
ce poème a besoin de s’expliquer.
Son inutilité donne un sens suffisant.
7 avril 2018
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Revue Diagram 25.1, Avril 2025
