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mardi 26 avril 2011

Andrew Kozma / Les traductions du Prince, chapitre XIV, trois fois



De ce qui concerne le Prince touchant le fait de la guerre
 
Le Prince, Chapitre XIV

Dis aux soldats de ne pas saigner. Appelle le processus amour.
Montre que chaque rose est une blessure dans la terre. Prends le cœur
et mange-le. Ça te rendra plus forte.
Cette nuit tu as pris ma main
entre tes jambes. Enveloppement. Flanquement.
Si elles sont bandées de langage – cris trop forts -
utilise les signes : la langue est trop utilisée
et ne comprend pas. Personne ne croit
que le blanc n’est pas autre chose qu’une capitulation.
Outils dont tu pourrais avoir besoin : Bayonne, Fort Collins,
Houston, Vancouver. Trouve un autre mot
pour sang. Tous les mois, une mare de ciel.



De ce qui concerne le Prince touchant le fait de la guerre

Le Prince, Chapitre XIV

Dis aux soldats de ne pas saigner. Apelle le processus amour.
Montre que chaque rose est une blessure dans la terre. Prends le cœur
et mange-le. Ça te rendra plus forte.
Cette nuit tu as pris ma main
entre tes jambes. Enveloppement. Flanquement.
On se tient les mains, visage contre visage, un monument
bâti et qui dure. Après, aucun de ceux qui ont participé
ne désire la mémoire. Au lieu de ça, le désir
a pris un autre nom. Il y a toujours une autre
révolution à adopter et à chérir comme la tienne.



De ce qui concerne le Prince touchant le fait de la guerre

Le Prince, Chapitre XIV

Dis aux soldats de ne pas saigner. Apelle le processus amour.
Montre que chaque rose est une blessure dans la terre. Prends le cœur
et mange-le. Ça te rendra plus forte.
Cette nuit tu as pris ma main
entre tes jambes. Enveloppement. Flanquement.
Bien que la fin arrive, il faut que tu aies un plan B.
Repassage du col, bain moussant, ces choses-là peuvent éliminer
toute trace d’hésitation. Il y a une pilule
pour tout, et tu en as besoin. Ta poigne
est-elle assez forte ? Les soldats attendent.
Chacun est un univers en expansion.
Chacun est un train de logique qui fait voler
tes assiettes de l’étagère. Chacun est une forge.
Tu es les chaînes. Tu es la preuve
que le métal ouvre le ciel, ouvre un océan de ciel.



_

Traduction des trois versions du chapitre XIV de The Prince Translations, telles qu'elles apparaissent dans le manuscrit de l'auteur.









mardi 9 novembre 2010

Andrew Kozma / Les traductions du Prince, chapitres III et XI



Des principautés mixtes
 
Le Prince, Chapitre III

Il y a cette illusion de toi que je tiens dans ma main.
Tu as regardé  à l’intérieur de tous les autres livres
et c’est ce poème qui est pour toi. Dis aux autres d’éviter
l’auto-motivation. Il n’y a qu’un seul chemin clair
pour sortir de là, et ça implique un tranquille désespoir
de la bouche et le gentil filet de sons
qui en sortent : viens maintenant, tu es un visiteur,
et ça m’enrage profondément. Si tu n’appartiens pas
à qui tu t’es confiée. Si tu prends
une position et que tu la pratiques pendant des heures. Des jours. Cette année
c’est l’année de la marmotte à la vision parfaite.
La place du président prise, je suis devenu
quelque chose de pire, quelque chose de pourpre, et les co-
conspirateurs m’adoptent avec des sourires, convaincus
que les rênes sont souples et aussi bonnes qu’une prison.





Des principautés ecclésiastiques

Le Prince,
Chapitre XI




Alors quoi ? Tu as un bœuf,

j’ai fait la vache. Il n’y a pas de viande

que tu manges que je n’aie mâchée et mâchée
en une douzaine de nouvelles substances. Tu penses

que ton corps est un mannequin que je fais poser, mais le paradis
est une maison de liquides et tu es la pointe acérée

de l’entonnoir.  Sûr, tu es la sangle
de l’âme, purement fonctionnelle,

qui s’enlève facilement. Mais c’est le coucher de soleil
et tu es sur ton vélo, à pédaler

le plus vite que tu peux en direction du soleil, en détournant
soigneusement tes yeux du soleil.

C’est beau là-bas, là où l’obscurité se découpe
un corps. Et quand tu tombes

un autre prend ta place. Oui, je suis une pute
pour une silhouette, mais tu essaies de te faire

une raison avec des lapins autour. Je suis ton Mickey
et tu te réveilleras avec ta seule gueule de bois

tes mains vides. Ne te blâme pas.
Personne ne s’empare de l’ineffable. Mets tes mains autour

et sens-toi tomber encore
à travers tes doigts, tes dents, ta gorge.

Ta peau a toujours été  un tamis. Qui te tient
groupée ? Qui c’est que tu vas croire ?







_

Deux poèmes extraits de The Prince Translations, livre inédit en américain, traduits en français à partir du manuscrit de l'auteur. (Les chapitres VIII et XXIII du même livre, parus dans la revue Diagram, sont lisibles dans une traduction française ici.)





dimanche 1 août 2010

Andrew Kozma / Deux poèmes


De ceux qui ont atteint la principauté à travers les crimes

Le Prince, chapitre VIII.

Il voulait devenir langage et diviser
son corps en syllabes. Des événements

grossissent et font toujours déjà tenir leur forme
sur des axes, tournant comme des pièces, équilibrés

comme les gouvernements. Encore, seuls restent les mots
et il possède le don du traducteur : l’adaptation

aux besoins du moment. Un bras cassé est divisé en deux
mots sans relation. Voilà comment abriter le coupable

et comment distraire la mémoire. Entraine-toi et deviens
dangereux ; le monde change quand il parle

de ses crimes tout fort. Le carrefour
de la rue-fossé peut contrôler le sort


et grâce à l’intercession de prêtre
d’un bus ses poursuivants on peut les avaler comme des cailloux.

Au-dessus du bord de son dictionnaire claque
la figure de la mort tel un volet, entre deux poses.

D’abord elle s’assoit, on tire la tête au-dessus de son livre,
visage blanc mais c’est pour faire un sourire, un coup sec.

Ensuite elle émerge presque du bord de la fenêtre,
main levée, bouche ouverte, des yeux comme des cloches.


De quelle manière doit-on éviter les flatteurs

Le Prince, chapitre XXIII.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Je ne suis pas une grande gueule. Le sirop et le beurre passent tout seuls.
Sans bords, mon visage en entier est ce qu’il est. Ne vous
trompez pas : je ne suis pas une crêpe non plus.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Vous pouvez tenir ma voix entre vos mains : un bâton de charbon.
Certains composés se tassent profondément dans la peau, dans les organes ;
ils ne revendiquent pas seulement votre vie, mais ils habitent votre mort.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Un bâton dans vos roues, si le bâton parle. Ce n’est qu’avec ces yeux-là
au-dessus de moi que je me déplaçais. Ruse utilisée :
Vous pouvez vous représenter vous-mêmes lorsque vous n’êtes pas là.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Je suis une encyclopédie à moi seul remplie de définitions
pour l’air que vous ne respirerez jamais. Père
Luca, je continue à tenir conseil au milieu de moi-même.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Emile Coué a une réponse : malgré votre corps,
pour contrarier l’esprit, vous répétez des phrases-clé, des lèvres
qui caressent votre nouvelle vie, réduisent le bruit.

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.

Même quand j’ai tort je tiens férocement le bon bout - il paraît
que nous sommes capables de voler, je nous balance à travers la fenêtre
pour ce bon moment dans les airs, ce bon moment dans les airs

Chaque jour dans tous les domaines je progresse et progresse.


Diagram # 6.5



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Note d’Andrew Kozma :


Ces deux poèmes princiers ont pour origine une traduction que j’ai lue pour mon cours : chaque chapitre et section du livre (introduction, table, index des noms propres) étaient imprimés avec la même police et la même taille de police, ce qui me fit penser que chaque partie ferait un bon titre de poème. Les poèmes eux-mêmes sont nés d’une tentative de translittération du texte de Machiavel, par quoi mon but était d’essayer de créer des morceaux qui, lus en connaissance du livre Le Prince, créeraient un troisième espace, différent de chaque morceau pris individuellement. En particulier, ces deux poèmes ont pour origine la question de savoir comment le « crime » est défini par l’état, ou redéfini par un criminel qui a réussi, et dans l’héritage des techniques d’assistance à soi-même.

A propos de l'auteur :

http://www.andrewkozma.com/